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25 septembre 2019 5:13
« Envie de re-re-re-regarder Friends » – Chronique Sarah HalfinLa semaine passée, j’avais conclu en disant qu’en attendant que ne sorte une série qu’on aura envie de voir plusieurs fois, il serait peut-être temps de relire son livre préféré (n’est-ce pas Marc ?).Mais il y a quand même une série qui fait exception, impossible de l’ignorer cette semaine, tous les magazines en parlent. C’est la série « FRIENDS ». Elle a fêté ses 25 ans dimanche et demeurerait pourtant la 2ème série la plus regardée sur Netflix aux US en 2018*.(Alors) Chacun y va de son explication rationnelle pour justifier le succès de la série. Mais à part pour celui qui souffre d’amnésie, aucun argument objectif ne me paraît (vraiment) suffisant pour expliquer que l’on continue à regarder depuis 25 ans une série que l’on connaît par cœur. L’histoire, on la connaît, pas de suspens donc. L’univers, une version idéalisée de la vie, on a grandi depuis, merci on a bien compris que c’est pas ça la vie. Les punchlines et les gags, pas mal, mais (bon) à la longue on a compris aussi, ils portent toujours sur le principal trait de caractère des personnages, Ross (le prétentieux), Rachel (la vaniteuse), Monica (l’hyper tendue), Phoebe (l’excentrique)*…Alors, voici ma théorie personnelle : si on re-re-re-re-regarde FRIENDS, c’est avant tout par « motivation intrinsèque ».Je m’explique. Selon les experts, une grande partie de nos comportements sont motivés par des éléments objectifs extérieurs (comme obtenir un salaire, une prime, une promotion, un statut social, éviter une sanction … ou encore connaître la fin d’une série pour assouvir sa curiosité). On vaque donc à une activité dans le but d’obtenir une récompense, extérieure à cette activité. (vs me suivez ?)Mais il existe un autre type de motivation, qui elle, à contrario, provient du plaisir éprouvé du fait même de réaliser une certaine activité. C’est la motivation intrinsèque. Comme son nom l’indique, elle trouve sa source à l’intérieur de l’activité elle-même, non à l’extérieur. Et ce serait la plus saine, la plus solide et la plus durable des motivations selon les experts**. Et accessoirement, aussi celle qui rend le plus heureux.Exemples : - Un chercheur en mathématiques théoriques motivé par le fait même de chercher, de mener ses recherches – et non tant par la perspective de découvrir une éventuelle application pratique à ses recherches qui rimerait avec reconnaissance, notoriété ou bonus financier. - Un jeune musicien qui apprend la musique parce que c’est un pur plaisir en soi - et pas seulement pour devenir un grand musicien ou parce qu’il veut faire plaisir à ses parents.** - Nous, quand on vient le mardi dans l’émission de Brigitte, n’est-ce pas ?De fait, quand on regarde FRIENDS alors qu’on connaît la série par cœur au point de pouvoir reconnaître un épisode à la longueur des cheveux de Jennifer Aniston, on le fait par pure motivation intrinsèque. Ou pour le dire plus simplement, « juste par plaisir ». La plus saine, la plus solide et la plus durable des motivations disent-ils… Et pourtant, rares sont les décisions que l’on prend « juste par plaisir », « juste par envie ».« Bah. Evidemment », répond notre cerveau rationnel, « vous imaginez bien, ce serait complètement chaotique si « l’envie » dirigeait nos vies. « Allo Brigitte, oui c’est Sarah. Dis, on devait manger ensemble ce soir, mais j’ai plus envie. (Non) J’ai plutôt envie de rouler des pelles à mon voisin ». On se transformerait tooous, (mais alors) dans l’heure, en libertins anarchistes et grossiers. « Chaotique, tu dis ? Non. Organique », rétorque notre autre cerveau, l’intuitif. Faites-le test ! Demandez-lui, à lui, à ce qu’il pense - ou non plutôt ce qu’il ressent, nuance importante, parce que c’est ça son langage à lui, c’est comme ça qu’il nous parle ! Demandez à votre cerveau intuitif ce qu’il ressent (j’insiste) à l’idée d’un monde davantage mû par de la motivation intrinsèque … où l’on mangerait quand on en a envie (et non parce que c’est l’heure) … où l’on irait au travail par pur plaisir (et non seulement parce qu’il le faut) … où (je ne sais quoi moi) où l’on parlerait en chantant quand l’envie nous vient, etcEn tout cas, selon mes pronostics, dans un tel monde on serait très dépaysé mais pas entièrement. On y passerait en effet là aussi beaucoup de temps à regarder FRIENDS.* Article dans « The Economist »: https://www.economist.com/prospero/2019/09/20/why-friends-is-still-the-worlds-favourite-sitcom-25-years-on**Emission de radio « Grand bien vous fasse », France Inter, 08/01/2019https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-08-janvier-2019« Etre heureux au travail, c’est possible », SYLVIE AGHABACHIAN, les Echos, 22/06/2016https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/bien-etre-au-travail/021972938277-etre-heureux-au-travail-c-est-possible-211644.php
19 septembre 2019 5:19
« LE STORYTELLING OU L’ART DE RACONTER SON AMBIVALENCE » - Sarah HalfinVous vous souvenez, on a récemment parlé du fait qu’être humain, c’est être ambivalent par définition, mais que bizarrement (en général) les gens ne sont pas à l’aise avec ça et qu’ils préfèrent plutôt les cases bien carrées. Mais vous savez ce qu’ils aiment encore plus ? Les histoires. Et si possible, celles qui se terminent bien dans lesquelles ils peuvent se projeter. De nos jours, on appelle ça « le storytelling ».Vous savez (hein), ce terme à la mode que l’on retrouve à toutes les sauces, sans que personne ne comprenne vraiment de quoi il s’agit. Alors en fait c’est simple : disons que votre vie ressemble à un film des frères Dardennes. (Eh ben) Pour vous rendre irrésistible, on va la transformer en un récit hollywoodien avec un héro (vous), du suspens et un happy end. L’ascension a été dur, vous avez traversé vallées, torrents et cimes enneigés sans boussole ni équipement, mais vous avez triomphé.Le storytelling, vous allez voir, est un outil formidable pour raconter votre ambivalence. Alors, c’est contre-intuitif mais il vous suffit de prendre l’élément de votre CV le plus absurde (dont vous êtes à priori le moins fier) et de clamer qu’il est votre plus grande fierté!Vous avez par exemple un trou de 3 ans sur votre CV pendant lequel vous avez passé votre temps à jouer aux jeux vidéo ? Eh bien, c’est excellent ça ! Ca fait de vous un expert hors pair pour comprendre les millénials que les sociétés n’arrivent pas à recruter et … à faire consommer. Un peu à la façon des TED TALK, un bon storytelling va subtilement transformer votre chaos apparent en un bordel organisé pointant vers votre destinée. Et si vous n’arrivez pas (ou pas encore) à voir vos qualités dans vos défauts, votre résilience dans vos tribulations, et que vous n’avez pas 20k€ à donner à une agence de comm pour qu’elle vous transforme en super-héro, vous avez toujours l’option « message subliminal » sur les réseaux sociaux : pour ce faire, trouvez un article (de préférence bien écrit) qui fait de votre loose présumée un modèle de vertu, et repostez-le l’air de rien sur Facebook.Et clic, voilà ! Article partagé sur mon mur. (sous-entendu : chers « amis », chers collègues, voici pourquoi je suis indispensable – # : puisque vous êtes trop cons pour le comprendre tout seul).Et puis un jour, si tout va bien, vous vous retrouvez peut-être même à poster un happy end personnalisé, du genre « Bonjour, je m’appelle Sarah, je suis hypersensible et pourtant c’est bien ma voix que vous entendez à la radio ce soir ».SAUF QUE moi je ne peux pas m’empêcher de penser que cette histoire de storytelling, c’est un signe de plus que l’homo-sapiens est en train d’être supplanté par l’homo-gène, une espèce composée seulement de gènes homogènes dont la seule fonction est de ne pas gêner.Ça fonctionne, tant qu’on est un Forrest Gump en puissance ou un ex-taulard reconverti en policier. Avec des récits où « c’est en échouant qu’on a réussi, alors vous aussi vous pouvez y arriver ». Franchement, pourquoi pas, tant qu’on est bien d’accord qu’au final, malgré les apparences, on n’est pas en train de parler d’échecs ici mais (encore une fois) de réussite. Autrement dit, la seule chose avec laquelle l’on soit confortable.Je trouve ça dommage – et louche – qu’on ne puisse juste pas clamer fièrement, « bonjour, voici mon ambivalence et je n’en connais pas encore le sens ». La mode du storytelling, ça me fait penser (vous savez) à ce nouveau job à la mode : les « happiness managers », chargés de veiller au bonheur des joyeux employés. Ils sont là pour faire disparaître des symptômes qui, si ça se trouve, ont un message important à nous adresser. Peut-être qu’il serait quand même utile pour nos chers symptômes d’aller suivre un bon cours de storytelling, histoire de se réussir à se faire entendre pour une fois. Je suis sure que Salma (Brigitte) ici présente pourra nous donner quelques adresses.
19 septembre 2019 6:07
« LES MATHS : SI CE N’EST PAS UTILE, C’EST FUTILE ? » - Sarah HalfinJe vous raconte pas la tête de Brigitte quand je lui ai dit que j’allais défendre l’enseignement des math dans ma dernière chronique avant les vacances. Dis-moi, t’aurais pas encore plus drôle ?Et je n’ose imaginer celle des jeunes auditeurs qui viennent d’apprendre que leur été sera gâché par une seconde sess à cause de cet objet de torture. « C’est chiant les math, et puis ça me sert à rien! On a des calculettes et pour le reste, moi je veux devenir écrivain de toute façon. »Dommage pour toi (ou pas on va en parler), nous sommes en Belgique ici. Car en France, dès la rentrée de septembre, les math ne seront plus obligatoires pour les élèves de 5ème et 6ème secondaire. Avec la fameuse « réforme du lycée », leur enseignement sera optionnel en France, selon la spécialité choisie, mais en tout cas ils ne feront plus parti de ce qu’on appelle « le tronc commun » obligatoire. Ils seront réservés à ceux qui entendent devenir ingénieurs, physiciens, médecins et autres mathématico-techniciens. Autrement dit, et j’exagère à peine, si les mathématiques ne sont pas utiles pour votre future carrière, si vous n’allez pas générer par ce biais de profit quantifiable, vous en êtes potentiellement dispensés. Bonne nouvelle ? Ça veut quand même dire que mieux vaut savoir à 16 ans ce que tu veux faire dans la vie, et surtout comment tu entends gagner ta vie … pour le reste de ta vie. Bonne nouvelle ! Tu n’es pas seul. Il y a des tests d’orientation professionnelle. Pour l’occasion, j’ai passé le mien hier, mieux vaut tard que jamais. C’était sur le site de référence, Studyrama.Bilan du test – mot pour mot : « Vos intérêts professionnels semblent porter vers les sphères du Beau et l’esthétisme (à première vue, correct vu les gens qui m’entourent ici). Vous apprécierez d’évoluer au sein de métiers nécessitant de résoudre des pb et des questions complexes tout en ayant recours, (écoutez bien), à votre sensibilité artistique et à votre attirance pour la Littérature ou les choses de l’Esprit en général. ». Et de conclure : « Vous avez maintenant une idée plus précise du type de métier qui pourrait vous correspondre. »Heu, vraiment ?! Moi, là tout de suite, comme ça là, je ne vois pas. Comme métier déjà. Et puis, alors, les math, utiles ou pas utiles pour moi ? Le test parle de « sensibilité artistique » et d’« attirance pour les choses de l’Esprit »… A priori donc, la vie en entreprise ne rime pas forcément pour moi avec « épanouissement assurément ». Je confirme. Mais si je n’avais pas fait latin-math, je n’aurais pas fait ingénieur commercial, je n’aurais pas ²agonisé pendant des années dans des multinationales… soit. Mais alors, de quoi je parlerais aujourd’hui dans mes chroniques et les autres projets artistiques sur lesquels je travaille. Ce que j’essaie de dire par là, c’est que vivre, il me semble que c’est précisément ne pas connaître d’emblée la finalité de toutes nos actions. Et quand bien même on se destinerait à devenir devin ou voyant, ce n’est pas pour autant qu’on ne doit pas apprendre à conjuguer le passé simple. Je suis désolée. Pratiquer des math, c’est pareil, ça ne sert jamais à rien : déjà, ça structure l’esprit. Du luxe ?Et puis pour reprendre la phrase de Galilée, les math, c’est carrément « l'alphabet dans lequel Dieu a écrit l'univers ». « Toi sinon, t’es plutôt bon en math ou en français ? ». Pourquoi toujours opposer les math et les langues, sachant les math sont une langue. C’est même la langue la plus universelle qui soit. On ne le comprend pas toujours à 16 ans, mais pratiquer des math, c’est raisonner, philosopher… j’irai même plus loin, c’est parler avec l’univers. Un pur exercice de conscience ! Bon… je m’emballe. Pardonnez mon enthousiasme pour cet objet du Beau et l’esthétisme. Pour la peine, j’arrête ici l’énumération de la longue liste des vertus des mathématiques.Car mon propos est avant tout celui-ci : doit-on (et peut-on) vraiment toujours identifier à l’avance l’utilité de ce qu’on fait ? Je vous rappelle qu’on s’auto-appelle des « êtres humains », pas des « faire humains ». Rien que pour ça, quid de plus de maths, de poésie, de philo pour tout le monde ?! Pas pour écrire des bons poèmes plus tard pour gagner sa vie, mais pour vivre tous un peu plus en poète.Il me semble personnellement que dans le monde contemporain où nos connaissances deviennent obsolètes en un clin d’œil, le précepte de Montaigne « mieux vaut une tête bien faite plutôt qu’une tête bien pleine » a plus de sens que jamais.Je n’entends pas faire de politique ici, je comprends le raisonnement pragmatique de M. Blanquer, le Ministre français de l'Éducation nationale … sincèrement. Mais je souhaitais introduire dans la réflexion une dimension propre aux « choses de l’Esprit », comme dirait Studyrama. Je me le permets puisque c’est visiblement ma fonction, et que ce micro lui permet d’être exponentielle.Bref… que les étudiants belges en seconde sess se consolent en pensant aux français. Dire que, contrairement à nous, les équations, c’était le seul moyen pour eux de pratiquer du second degré ! Allez, sur ce, moi je prends la tangente et je vous souhaite (déjà) à tous de bonnes vacances.
19 septembre 2019 4:55
« J’AURAIS VOULU ÊTRE UN ARTISTE ? » - Sarah HalfinEst-ce que vous aussi vous avez au fond de vous des parts encore enfants qui rêvent très grand ? Qui fredonnent de temps en temps qu’elles auraient voulu être un artiste, un chanteur, un acteur, pour pouvoir crier qui elles sont et pour pouvoir se trouver belles, sur un grand écran en couleurs, quand l’avion se pose sur la piste, à Rotterdam ou à Rio, comme dans la chanson de Starmania ?Vous aurez beau me dire que non, les selfies postés chaque seconde de part le monde trahissent visiblement de telles aspirations. (Voir nos manques d’aspirations, mais ça c’est un autre sujet.)Maintenant, question : quid si vous pouviez choisir entre votre vie actuelle ou une autre exactement pareille (enfants, maris, parents, tout pareil), mais avec un quotidien, jour après jour après jour, plus proche de ceci-ci :Vous vous levez le matin, seul(e), dans un lit qui n’est pas le vôtre. Les draps sont repassés mais la déco impersonnelle. Votre valise n’est même pas défaite, ce soir vous changez à nouveau de ville de province. Il est 6h du matin à peine, 3 personnes s’approprient déjà votre peau et vos cheveux. Comme chaque jour, elles y apposent des tonnes de substances ultra riches en perturbateurs endocriniens. Vous passez 80% de votre journée, dans des vêtements qui ne sont pas à les vôtres, à attendre, attendre, … dans une caravane réchauffée par un chauffage d’appoint. Ce weekend, vous ferez fi à nouveau du flight shaming, pour rentrer en métropole embrasser vos enfants et les entendre vous raconter à quel point Sophie la nounou est géniale.Alors est-ce toujours à regret que les paroles de Michel Berger résonnent dans votre tête ? Parce que tout ça, c’est le quotidien d’un acteur dans le meilleur des cas, càd quand il a réussi comme on dit, quand il s’appelle Guillaume Canet ou Marion Catillard au féminin. Alors, on échange toujours 99% de son quotidien actuel pour 1% de rêve d’enfants et d’effets hollywoodien ? Parce que le mot clé ici, c’est le quotidien. C’est lui qui remplit notre vie et pourtant notre inconscient qui rêve grand le prend souvent pour un détail. Bon, acteur par intermittence, par définition c’est possible. Mais en revanche, « maman » et « épouse », c’est un package qui correspond à 100% de quotidien, 100% du temps. Est-ce cela qui expliquerait dans le fond l’article* publié dans le Guardian la semaine passée, qui a fait grand bruit parce qu’il affirme que de récentes études indiquent que le sous-groupe le plus heureux de la population serait les femmes célibataires et sans enfant ? Je laisse quelques secondes pour digérer l’information à ceux qui la découvrent à l’instant…Moi qui fais partie des heureuses élues visiblement (célibataire et sans enfants tout le moins pour l’instant), je vous rassure j’en suis la première surprise. Avoir des enfants, se marier avec l’être aimée, on le sait bien, c’est pourtant le rêve par excellence des petites filles et de leurs parents pour celles-ci. Et sa réalisation, encore aujourd’hui un signe de réussite sociale. Bon je l’avoue, avec cette étude aussi, je suis un peu rassurée – en fait, surtout de pouvoir rassurer mes proches. Regardez, preuve à l’appui, tout va bien pour moi, merci ! Puisqu’on vous dit que ma vie est un apéro géant…Mais plus sérieusement ma plus grande surprise vient du fait qu’aucune de mes amies avec mari et enfants avec qui j’en ai discutées ne furent, quant à elles, véritablement surprises par la publication. Je vous assure pourtant leur mariage est heureux, leurs enfants magnifiques, elles les aiment plus que tout au monde. Parfois, elles sont quelques cernes mais toujours le sourire aux lèvres.SO WHAT THE F*** IS HAPPENING HERE ?Elles me font remarquer que dans les faits, le prince, tout charmant soit-il, partage leur quotidien (on y revient) une heure par jour en moyenne et que son humeur n’est pas tout le temps charmante sur cette mince tranche de quotidien. Et les enfants, tout rayon de soleil soient-ils, c’est 99% de son propre quotidien (tant mental que physique) dévoué aux siens et aux tâches du quotidien.Comme pour nos artistes à succès et nos princesses de conte de fée, à force de se focaliser sur le résultat, de se concentrer sur l’objet du désir, on en oublierait presque le chemin qui va avec... et qui prend donc dans cette chronique le nom de quotidien. Avoir du « Me Time » (du temps pour soi) au quotidien ne faisait pas partie de nos rêves d’enfants, mais visiblement c’est un rêve de grand !
19 septembre 2019 7:32
« UNE JOMO AU FESTIVAL DE CANNES » - Sarah Halfin(Bon) J’imagine que personne ici ignore ce que sont les FOMOS, les « Fear of missing out » ? (Brigitte, Irit, Val, c’est bon ?). Ce sont donc ces personnes qui vont à tout par peur de manquer quelque chose, voire carrément de passer à côté de leur vie, de leur destinée - comme c’est le cas de Diego dans cette chanson de Bigflo & Oli :Chanson de Bigflo & Oli « Dommage » (1.34 - 2.02, De « Ses amis sont sortis » … jusque « c’est peut-être la dernière fois »): https://www.youtube.com/watch?v=8AF-Sm8d8ykEh bien, depuis quelques temps, on parle aussi des JOMO, les « Joy of missing out ». Une catégorie de gens qui eux, par contre, sont ravis de manquer un événement ou une information. Le fait même de ne pas être de la partie leur procure carrément de la joie. Mnt que vous me connaissez un peu… Moi qui suis des plus heureuses quand je suis seule avec moi-même dans une brasserie, je vous laisse deviner vers quelle catégorie tend ma nature.C’est donc en tant que JOMO que je me suis rendue il y a 10 jours au Festival de Cannes, lieu de fêtes, de glamour, d’opportunités innombrables… lieu où tout, absolument tout, est un FOMO 😮 Les dizaines de milliers de gens autour de toi travaillent dans l’industrie du cinéma et pourraient t’aider à réaliser le projet de ta vie, mais tu ne sais pas qui. o D’ailleurs, quand tu parles à quelqu’un, c’est de l’œil gauche. Parce que ton œil droit, lui, s’est donné pour mission de scruter si y a pas qqun d’autre pas loin qui pourrait t’être encore plus utile. Dans tous les cas, hors de question (tu penses bien) de perdre ton temps à parler avec des … amis.o Qd tu vas voir un film, tu es conscient que tu fais une croix sur 3 RDV potentiels (1H30, 2h…en général). Et puis il s’agit pas de te louper : faut encore trouver le bon film à voir à ce moment-là parmi tt les ss-catégories du festival, dont tu pourras dire après « Ouais, je l’ai vu à Cannes. C’est pas mal ».o Et puis quand tu te décides à répondre à ce vulgaire besoin vital qu’est dormir, tu sais que tu es d’office en train de manquer une soirée où se côtoient tous les producteurs de la planète. Et je ne parle même pas des selfies manqués avec les célébrités. Hein…puisque ça c’est pas chic, pas signe de nous, m’enfin quand on en a, on sait quand même toujours quoi en faire...J’ai beau être une JOMO et l’assumer avec l’âge, sur place je suis obnubilée par Diego. Je suis partout avec la désagréable impression de devoir être systématiquement ailleurs. Je parle même aux pigeons de la Croisette pour sonder le place-to-be cannois du moment présent. Fort est de constater qu’il n’est nulle part très présent. Bilan : après 2 jours, une chose est sure, si l’excès de JOMO peut nuire à ma carrière, l’excès de FOMO nuit clairement à ma santé mentale. Je me manque à moi-même, mon intuition est aux abonnés absents, même en talons hauts je me sens petite. Bon… Mais maintenant qu’on est là …qu’est-ce qu’on fait? Recette universelle. D’abord, si possible, trouver quelques compatriotes. Le second degré certifié belge nous fera toujours relativiser le manque à gagner anticipé par nos parts FOMO. A Cannes, pendant le festival, on est sûr d’en trouver sur le très sympathique Belgian Boat. J’embrasse d’ailleurs Sibylle au passage !Ensuite, lire et relire l’article* récent du très sérieux The Economist qui explique pourquoi les JOMOS (qui passent par définition plus inaperçus - je vous rappelle que je suis à l’abri là sur un bateau en plein festival) sont (tout à fait) indispensables à la société. Et même aux sociétés aussi d’ailleurs. Par exemple. S’ils sont généralement contents quand un RDV est annulé, ce n’est pas par fainéantise ou manque d’intérêt. Non ! C’est parce que cela équivaudrait en fait pour eux à plus de temps pour continuer à réfléchir et travailler pépère au lieu d’aller jouer à une guerre-guerre politico-égotique dans une réunion de 3 heures dont seule la conclusion les intéresse. Et si, malgré tout, il nous faut quitter le Belgian Boat - par obligation ou par relent de FOMO, on peut toujours appliquer la tactique du « regard de l’ethnologue » prônée par Ségolène Royal dans ce genre de situations. Non, vous ne rêvez pas, je m’apprête bien à citer S. Royal : « se mettre en situation d’observation, comme si on était face à une tribu étrange ou en voie de disparition, intéressante à observer, de sorte que notre curiosité prend le dessus sur le reste ». Après coup, je me dis que la sagesse retrouvée du JOMO, c’est peut-être justement d’être conscient que le retour sur investissement ne prend pas toujours la forme escomptée. On vient chercher un détonateur et l’on repart avec des observations détonantes - pour peut-être un jour nourrir un film présenté à Cannes, un livre comme Segolène Royal, ou encore … une chronique radio … quelque peu subliminale.
19 septembre 2019 6:10
« MIEUX VAUT RIEN QU’UNE MIETTE DE PAIN » - Sarah HalfinAlors, pourquoi mieux vaut RIEN qu’une miette de pain ? L’image de la « miette de pain » fait allusion à une technique de « drague » apparemment en plein essor : le breadcrumbing. Littéralement, le fait de « recevoir des miettes de pain ». Phénomène qui s’applique quand quelqu’un vous donne suffisamment de nouvelles pour vous laisser espérer une relation, mais que rien de concret n’arrive jamais. L’idée étant de vous garder sous le coude, histoire de vous avoir à dispo si rien de mieux ne se présente. Les réseaux sociaux seraient le terrain de prédilection des breadcrumbers. Concrètement, cmt ça se passe ? Après des semaines de silence, on reçoit un commentaire sur un de nos posts, du genre « salut ça va ? J’ai pensé à toi, j’ai vu le dernier Tarantino ». On recommence à échanger avec la personne, c’est fluide, plein d’esprit, on se met à attendre avec impatience ses réponses dans l’espoir que ça évolue … une certaine addiction se crée… et puis tout à coup… plus rien. Jusqu’à la prochaine fois !D’où l’image des fameuses miettes de pain, qui vous donne faim sans jamais vous rassasier. Et ces miettes de pain, on les retrouve dans tous les domaines de la vie, pas que dans le dating : passer la soirée avec une connaissance sans intérêt juste pour être occupé, parler à quelqu’un juste pour se donner une contenance, se contenter d’un job qui ne fait pas sens juste pour remplir son CV, etc etc (bien sûr à chacun sa ou ses miettes de pain).Tout ça parce qu’intuitivement, on a tendance à penser que si on a faim, mieux vaut manger des miettes que rien. MAIS ce serait illusoire, et pour illustrer mon point, je vais m’appuyer librement sur le très beau livre du célèbre astrophysicien Trinh Xuan Thuan, intitulé « La plénitude du vide »*.Titre qui sous-entend donc que le vide serait plein.Et effectivement, l’auteur explique comment la physique contemporaine a démontré que le vide physique n’est pas un néant inerte, mais qu’il est en fait au contraire …rempli. De quoi ? De potentialités. En effet, c’est la réalité : des particules éphémères émergent constamment du vide, comme le fameux boson de Higgs par exemple dont on a beaucoup entendu parler il y a qq années. Et le scientifique rajoute une dimension spirituelle à son exposé, puisqu’il explique que les taoïstes et bouddhistes avaient déjà, par intuition, pressenti cette vérité fondamentale il y a 2500 ans, à savoir que rien, ce n’est pas rien, c’est même plutôt le contraire.Pour eux, c’est le Vide qui engendre le contenu matériel de l’univers et qui permet aux potentiels de se réaliser. C’est vrai pour la matière, mais aussi pour l’homme, la créativité et pour toute avancée.Or, dans nos sociétés occidentales, où on a surtout appris à « faire » et très peu à « être », on va systématiquement chercher nos réponses à l’extérieur de nous – et on fuit coûte que coûte le rien, c’est-à-dire la solitude, le silence, l’inaction ou encore l’action sans but immédiat. Et un effet d’optique s’opère alors incontestablement : comme on se focalise sur la miette de pain (donc sur l’alternative mitée que l’on préfère au rien), elle prend l’allure d’une montagne placée juste devant nos yeux, qui nous empêchent de voir d’autres potentiels plus providentiels. Votre mental résiste en ce moment je le sens (il veut bien tout au plus jeter un œil au fameux livre de ce Trinh Xuan Thuan pour peu qu’il se souvienne de son nom à l’issu de la chronique, ce qui n’est pas gagné…), mais votre cœur sait que j’ai raison : Puisque le vide est fécond et le breadcrumber un gros con, ce soir on éteint son iPhone et on profite. De quoi ? Pour commencer … de sa respiration.Je ne garantis pas qu’avant ma détox personnelle, je ne serai pas tenté de remercier mon breadcrumber du moment pour l’inspiration de la présente chronique, mais comme je sais déjà qu’il ne répondra soit rien, soit « mais, de rien », donc dans tous les cas un vrai rien, je n’en ferai rien, tiens ! Par contre… quid de poster vite fait, l’air de rien, le texte de la chronique sur facebook? Décidément, être un humain 2.0, ce n’est pas rien !* « La plénitude du vide», Trinh Xuan Thuan, Albin Michel, Janvier 2016
19 septembre 2019 3:50
Bonjour à tous, je m’appelle Sarah et ceci est ma toute première chronique. En vous annonçant d’emblée qu’il s’agit d’une première, ce que j’essaie de ne pas vous dire, c’est « svp, ne me jugez pas trop durement ». Je suis une hypersensible auto-diagnostiquée voyez-vous. C’est simple, le premier livre que j’ai lu sur le sujet, à savoir l’hypersensibilité, j’ai cru lire mon autobiographie. Prenons un exemple concret : une réunion de travail. Ce que moi hypersensible je vais en retenir, ce sera ce que j’en ai perçue: les humeurs de chacun, les tensions, les rapports de force, et bien sûr ce qu’on pense de moi… C’est instantané et continu. Du coup, je compense et j’ajuste en permanence. En l’espace d’une seconde de silence, j’ai le temps de me dire « mon boss a regardé vers la porte ; ce que je suis en train de dire ne lui plait pas ; merde, je suis démasquée, je n’ai pas fait assez de recherche sur ce point ; ne rien montrer ; redresser ma posture; garder la voix fluide … » Fatiguant non ? Bienvenue chez moi. Je dis « moi », mais 15 à 20% de la population est dans le même cas. Or, notre rôle serait capital dans l’élévation des consciences. Comme nous passons beaucoup de temps à nous interroger sur le sens de la vie, nous pouvons paraître plus contemplatifs que les autres. Mais, ne vous y trompez pas, nous sommes en fait en train de décrypter par la forme le fond de ce qui se joue. Chez Brigitte, j’aurai le plaisir de vous proposer un regard rationnellement émotionnel sur des situations de la vie courante. Le décryptage de moments selon ma grille de lecture intérieure.Ou est ashké ou on ne l’est pas… Je ne viendrai jamais vers vous avec des opinions ou des avis tranchés. D’ailleurs, en tant qu’hypersensible, mon degré d’assertivité frôle les bas-fonds. Mon empathie domine généralement, de sorte que je me mets à la place de l’autre et comprend profondément son raisonnement - sans pour autant le partager je précise. Pas d’avis tranché donc. Mais une croyance tout de même, que le rôle de la Question est clé. La question ouvre l’esprit, quand la réponse le referme. Là aussi, mes origines me rattrapent, car on le sait bien, dans le judaïsme D’ est une question, pas une réponse. Mais dans la vie de tous les jours la question, ce n’est pas l’action. Or dans notre société, toute démarche qui n’a pas une utilité immédiate est dédaignée. C’est une grave erreur, à la source de beaucoup de maux. Faire quelque chose qui « ne sert à rien » peut s’avérer être d’une importance capitale : on la fait pour elle-même et non pour une autre raison. C’est aussi une thématique dont je souhaiterais discuter avec vous. Et promis, la prochaine fois, il y aura moins de « je », mais bon il fallait bien que nous fassions connaissance avec cette toute première chronique.
19 septembre 2019 5:24
Jolie panique à bord ! Alors, question. Est-ce que vous aussi vous avez parfois dans la tête cette petite voix qui vous dit qu’il est temps de vous lancer, de faire enfin ce dont vous avez vraiment envie. Ecrire un roman, lancer votre boîte, faire un one-man show - comme dans le cas de mon ami Julien… Mais y a juste un tout petit détail qui revient à chaque fois : vous n’avez pas assez confiance en vous. A l’idée même, vous avez tellement peur … de votre peur que vous restez figé. Un vieux reflex bien connu de notre cerveau reptilien quand il perçoit un danger vital.Sauf qu’ici, aux dernières nouvelles, on n’est pas en danger de mort et on en a déjà déplacé des montagnes au moins aussi grandes. Non, objectivement, c’est ridicule, on ne risque pas grand-chose. C’est même le contraire : c’est si on ne fait rien, qu’on risque quelque chose, du genre passer à côté de sa vie par exemple. Alors, je crois avoir compris une chose que j’avais envie de partager avec vous aujourd’hui. Cette peur paralysante, c’est très souvent un enfant en nous qui panique pour cause de RONI (raison originale non identifiée). Au point de paralyser tout notre système. Alors, je vous le dis tout de suite, par la raison, vous n’arriverez pas à le calmer, IL A 3 ANS ! Et à son âge, c’est le danger perçu qui compte ; le réel - connaît pas encore. Alors il aura beau regarder avec vous tous les shows télévisés d’Oprah, lire tous les livres du Dalai Lama, je ne suis pas sûre qu’il intégrera le message. Bien sûr qu’ils ont raison nos gourous du zen et nos prêtresses de l’audimat, la peur est une pure perte de temps ! Votre mental d’adulte qui a déjà pondu des miracles est bien d’accord, mais on dirait bien que ce n’est pas lui qui décide cette fois. Et l’enfant, lui, il culpabilise et il panique d’autant plus avec toutes les injonctions qu’on lui inflige. Dans le cas de mon pote Julien par exemple, il ne le sait pas lui-même mais il a ressenti que le clown qui riait tout le temps qu’on a fait venir à sa fête d’anniversaire était un tueur en série. Depuis et dans le doute il préfère l’austérité au risque d’être responsable d’un massacre de masse s’il fait rire quiconque aux éclats. Donc un conseil pour commencer : arrêtez de l’engueuler comme du poisson pourri à coups de mantras, du genre mais souris à la vie ! Gros rigolo, c’est justement pour garder la vie sauve qu’il ne sourit pas à gogo.(Alors) Tout le paradoxe, c’est là où ça complique, c’est qu’au final, c’est toujours dans la rencontre avec le réel qu’on développe la confiance dont on a besoin. C’est seulement dans l’action que cet enfant en vous réalisera que sa peur n’est pas fondée, qu’il a peur en fait de combats qu’il n’a pas menés, que le mot combat lui-même n’est pas approprié. Le philosophe Charles Pépin dédit un chapitre entier à ça dans son nouveau livre. Vous avez peur de franchir le cap, vous manquez de courage ? Eh bien, le courage vient en y allant, qu’il dit Charles. Et c’est vrai. Mais la croyance de l’enfant est bel et bien là et viscérale. Après coup, le petit Julien a vu la video des préparatifs de son anniversaire, il a vu son oncle Samuel s’habiller en clown, mais son imagination est débordante (et comme il est ashkénaze en plus, je vous raconte pas): qui lui dit qu’elle était authentique la vidéo. Que c’était pas une reconstitution qu’on a réalisée par après parce qu’on en avait marre qu’il ne veuille plus s’habiller qu’en noir depuis lors ? Au moins, avec le métier de banquier qu’il a choisi, il ne risque rien, et en plus papa et maman sont contents (alors eh). Bon, ben, c’est génial, on est au 2/3 de la chronique, on a consulté tout le monde et on n’est pas plus avancer.Alors, voilà, moi j’avais envie de vous proposer aujourd’hui une autre stratégie : permettre à l’enfant de rester dans sa caverne confortable, où il se sent à l’abri. Non. Il ne doit pas absolument sortir de là faute de quoi il vous fera passer à côté de votre vie. Vous savez maintenant qu’il est là et vous allez pouvoir l’observer du haut de votre mirador. Et de savoir ça, ça change tout ! (Ah) Bien sûr, c’est subtil, mais avec de la pratique, on peut arriver à ne pas toujours subir nos parts bloquées comme des boulets, mais à les voir plutôt comme des versions brutes de nous-même qui ont beaucoup de choses à dire et beaucoup d’imagination, autrement dit comme une source de créativité providentielle. Même procrastiner alors, ce n’est plus ne rien faire pour peu qu’on s’observe avec intérêt pendant ce temps. Et puis, qui sait, une fois que vous aurez établi un lien sincère avec cet enfant paniqué en vous, qu’il sentira qu’il peut vous faire confiance et que vous l’aimez déjà complétement tel qu’il est, il aura peut-être bien envie d’y aller finalement. Julien ne va peut-être pas monter sur scène ce soir. Mais ensemble, l’enfant et lui l’adulte rationnel qui gère des M$ noirs et blancs pour des very important clients en black tie, ils pourraient bien alors se découvrir une passion à collectionner de magnifiques objets colorés pour décorer leur caverne adorée. Julien est une image mais en ce qui me concerne, preuve en est la présente chronique. Pour ne rien vous cacher, je croise juste les doigts pour que cela ne se voit pas trop quand même que c’est une enfant de 3 ans qui l’a écrite.
19 septembre 2019 6:55
« LES VERTUS DU YOGA-BRASSERIE » - Sarah HalfinLa semaine passée, j’étais de passage à Paris et j’avais pleins de rendez-vous à organiser. Le matin, à midi, le soir, le dimanche, certains pro, certains perso, dont un même avec chiens et enfants (ou enfants et chien c’est selon – souffle pardon). Bref, j’étais déjà angoissé à l’idée de devoir agencer tous ces rdv. Mais aussi, (en fait) parce que je me suis demandé qu’est-ce que j’allais bien pouvoir faire (sous-entendu : de moi-même ;)) entre chaque rendez-vous. Et puis une évidence s’est imposée. (Yalla) J’irai établir mon campement à la brasserie le Café de Flore à Saint Germain des Près, pour tout le monde… et pour moi seule. Donc, pour résumer, j’étais face à une équation compliquée, avec une multiplicité de variables et la solution serait si simple ? (Moi) Ca m’a paru trop facile, du coup (bien sûr) louche pour l’ashkénaze que je suis, alors fort de mon nouvel alibi de chroniqueuse, je me suis offert un peu de temps pour me pencher sur la question. Qui n’est pas existentielle, mais pas anecdotique non plus, vous verrez.Alors déjà, une brasserie, c’est rassurant. Parce que c’est précisément l’assurance de n’être jamais seul. (Elle est) Toujours là, toujours ouverte, pareille à elle-même. En toute circonstance elle ne vous laissera jamais tomber.(Grrrr) Ce n’est pas comme votre amie Ophélie (pour ne pas la citer) qui annule les déj à tout va, prétextant une séance de mani-pédi, pendant que vous, au resto (parce que bien sûr vous êtes en avance hashtag #ashké), le ventre gargouillant, le regard fuyant, vous vous excusez platement d’avoir réservé une table pour rien. Exit donc le regard noir du serveur. Dans une brasserie, personne n’attend personne et personne ne vous attend. Votre iPhone se veut cependant rassurant : ouiii, vous avez bien 850 amis quelque part. Tout va bien !Sinon, le cadre d’une brasserie est plutôt anonyme de sorte à nous mettre en vedette. C’est notre présence qui fait la déco. (Tu vois ce que je veux dire ? Un peu comme(ee) quand les teletubbies débarquent dans une prairie peut-être). Et (en plus), c’est tout terrain (hein), on peut y aller en jogging comme en talon aiguille. D’expérience, même les souris sont les bienvenues (et si tu te permets de mentionner au patron qu’un mammifère est en train de ronger ton escarpin, fort à parier qu’il te répondra « oui Madame, effectivement, c’est Paris ici. »)Sous son allure policée, je réalise en fait (plus sérieusement) que la brasserie est une allégorie à la liberté. Ce qu’elle vous dit, (et c’est bien une des seules), c’est : venez comme vous êtes et surtout faites ce qui vous plait ! Genre, qui a dit par exemple qu’il fallait manger 3 fois par jour à heures fixes, les mêmes pour tout le monde ! Et ne vous avisez pas de zapper le petit déjeuner, c’est le repas le plus important de la journée ! Eh ben, dans une brasserie, vous mangez QUAND vous le voulez, selon VOS envies. Eh oui, on n’est plus habitué à ça hein, faire par envie. Eh bien, c’est comme ça ici, au yoga-brasserie.Voilà un concept qui vaut la peine d’être déposé tiens, le yoga-brasserie. La solennité du lieu s’y prête. Quand on est seul, on y est en fait avec soi-même, à bouquiner, observer, contempler. Ça nous met dans une certaine disposition intérieure, un peu comme si on allait à la syna (bien sûr, hors Kippour et autres fêtes people ;)). Ouvrez l’œil la prochaine fois que vous êtes dans une brasserie. Les adeptes de la discipline ne portent pas de legging, mais vous ne pourrez pas les manquer. Vous ne vous êtes jamais demandé pourquoi le mec en face de vous fixait avec un semi-sourire béat la tâche jaune moutarde sur le mur blanc derrière vous comme si c’était un Rothko de plusieurs millions. Ou pourquoi la femme à votre droite, avec ses lunettes de soleil à l’intérieur, avait lu 3 pages de son livre en 1 heure ? Livre pourtant intitulé « Comment vivre 100 vies en une ». Eh bien … peu importe le jour de la semaine, Shabbat shalom à eux !Les gourous de la Silicon Valley l’ont désormais bien compris : cet état, le repos de soi, est indispensable pour que notre cerveau génère de nouvelles idées. Au nom de la productivité, il est maintenant permis, voire requis, de paresser … tant que c’est fait en OMMMMM pleine conscience. Prophétie autoréalisatrice pour moi en tout cas dans cette brasserie où je suis en train de rédiger cette ode aux flâneries utiles. Le café y est cher payé mais chaque gorgée m’offre un zeste de conscience que l’histoire n’est jamais achevée et que même très passivement, à ma toute petite échelle, je suis en train d’y prendre part. Je regarde une dernière fois autour de moi. Chacun est soi, en soi et comme s’il était chez soi. Alors, dans la vraie vie je ne suis pas toujours aussi débordée que ce que j’ai pu vous laisser croire en introduction de cette chronique. Comme il paraît que c’est très tendance d’être toujours très occupée, je me suis donné un genre. Mais … la brasserie elle s’en fout que vous soyez superwoman ou une âme errante, à plusieurs ou seule avec votre sac à main, elle vous accueille toujours comme si elle était votre grand-mère, avec un chocolat chaud et le goût de l'instant. Une brasserie, ce n’est pas la solution, c’est la constante de l’équation. Voilà pourquoi aujourd’hui je voulais leur dire « merci d’être si sabbatique avec nous ! »  

L’EQUIPE DE RADIO JUDAÏCA

Joanna Marchi

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CAROLINE EMPIO

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Maurice Blibaum

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Le média communautaire a soufflé ses 37 bougies au mois de mars. Ces dernières années, le fonctionnement de la radio juive a été bouleversé par de nombreux changements au sein du conseil d’administration et parmi les journalistes. Une équipe plus jeune est venue prendre les commandes.