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PODCAST

Le 11 mars 1980, Radio Judaïca, la radio de la communauté juive de Bruxelles, émet pour la première fois sur les ondes FM.

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10 décembre 2019 5:42
« TRAVAILLER DUR » – Une chronique de Sarah HalfinC’était bien votre weekend ? Qui a fait la fête ce weekend ? Qui en a profité pour s’amuser et se vider la tête ? Tout le monde ? Attendez les gars, ça va pas du tout ça ! On ne vous a jamais dit qu’il fallait travailler dur pour réussir ? Et vous, vous prenez des weekends le weekend ? Ce n’est clairement pas le cas des 2 amis à moi dont je vais vous parler aujourd’hui et résultat : l’un a fait l’Olympia ce weekend avec son one-man show  (Brigitte : Alex Vizorek) et l’autre a annoncé que le premier film qu’elle a écrit et réalisée venait d’être sélectionné à Sundance(Brigitte : Zoé Wittock, c’est ça ?).Deux petits belges arrivés au sommet, l’un dans la salle de spectacle la plus mythique de France, l’autre au festival de cinéma le plus réputé des Etats-Unis. Bravo les gars, je peux en témoigner : vous l’avez vraiment bien mérité !Elle, se réveille bien souvent de son propre chef à 6h du matin pour écrire. Lui, souvent encore beaucoup plus tôt pour offrir ses chroniques matinales à 2 millions d’auditeurs. Depuis le début, je me souviens, pas un jour de vacances dans l’année, pas un samedi, pas un dimanche, peu de soirée… De fait ils ont tous les deux beaucoup, beaucoup travaillé. Pourtant, dire qu’ils ont réussi parce qu’ils ont « travaillé dur » (j’insiste sur le mot dur) me semblerait complètement erroné. Je pense en fait que c’est tout le contraire. Récemment, je suis tombée sur une vidéo d’un guru indien réputé, dénommé Sadhguru qui partage mon avis. Lui, il dit carrément : « si c’est dur, laissez tomber ». Je vous entends d’ici : il vit sur quelle planète cet illuminé ?Alors pour l’occasion, j’ai élaboré un raisonnement à destination de nos cervelles d’occidentaux rationnels. Tendez bien l’oreille, le voici : si vous trouvez une carrière qui vous passionne, travailler dur n'est pas un fardeau. Et donc le mot « dur » n’est pas approprié. Vous me suivez ? Si ce que je fais est juste pour moi, dans les faits je travaille peut-être dur mais je n’ai pas le sentiment de travailler dur. La nuance est là et elle fait toute la différence. Dommage que l’idéologie de la sacro-sainte méritocratie n’insiste pas sur ce petit détail. Pour résumer, oui il faut travailler dur dans les faits pour réussir, mais si on est sur la bonne voie, càd la sienne à soi, on n’a pas l’impression de littéralement « travailler dur ». Alex, Zoé, CQFD vous avez beaucoup de mérites les gars, mais sorry pas celui-là. La preuve, c’est que si tel était le cas, vous vous empresseriez de lever le pied une fois votre moment de gloire tant attendue arrivé. Et il me semble qu’il n’en est rien.Votre plus grand mérite est ailleurs. Il réside, me semble-t-il, dans le fait d’avoir su écouté cette petite voix à l’intérieur de vous, que mon amie réalisatrice appelle « un instinct au fond de soi », et de l’avoir jusque-là toujours choisi sans compromis pour vous guider. C’est peut-être ça le plus dur d'ailleurs. Garder le cap même quand la raison pure a de solides arguments pour vous dire d’agir autrement et qu’aucune preuve du bien fondée de cette fameuse intuition n’a encore pointé son nez. J’entends certains encore ricaner – tout ça, c’est bien beau mais c’est réservé aux artistes et à quelques rares privilégiés passionnés. Comme les succès stories ça fait rêver, j’ai commencé par mentionner mes amis couronnés, mais le moment est venu de vous parler d’une autre de mes connaissances que j’ai revue ce weekend. Marie, infirmière à domicile et dans un centre pour personnes gravement handicapées. 40 ans de métier. Elle, on peut dire qu’elle travaille dur n’est-ce pas ? Je vous laisse en juger. Elle m’expliqua qu’elle était à un an de la retraite, mais qu’elle avait déjà annoncé à ses collègues que cela n’y changera rien de rien. Quand elle sera à la retraite, elle fera tout tout pareil, simplement en mode bénévolat. Le mot passion a été utilisé 4 fois en un café je crois.« Trouvez ce qui suscite l’étincelle en vous de sorte à illuminer ensuite le monde » disent les sages comme Sadhguru. A la place de travailler dur, on dit alors plutôt « jouer de manière extrêmement disciplinée ». On n’a pas tous encore cette chance d’avoir trouvé la fameuse étincelle, mais ce n’est visiblement pas en « travaillant dur » qu’on va y arriver. Et si pour aujourd’hui on se contentait de cette bonne nouvelle ?
8 décembre 2019 4:00
« OBJECTIVEMENT » - Une chronique de Sarah HalfinFaut pas exagérer… Faut raison garder, objectivement c’est disproportionné de se mettre dans des états pareils pour du virtuel. Dans la vie tout est une question de décision, tu n’as qu’à pas regarder, prendre un peu de distance et penser à ceux dont l’intégrité physique est réellement menacée.C’est en substance ce que la journaliste Myriam Leroy a reçu comme réponse en guise de soutien durant les années où elle a été harcelée sur internet, à l’âge adulte, par un individu qu’elle avait une seule fois auparavant croisé. Elle en fait le récit dans le livre qu’elle est venue nous présenter la semaine passée et que ce weekend j’ai dévoré.Pour résumer, un seul conseil donné : à défaut de pouvoir l’empêcher, rester stoïque face à l’adversité. L’importance d’une chose est celle qu’on lui donne, pas vrai ? Quand on y pense, tu n’es pas tant victime de ton harceleur finalement – qui t’écrit une heure par jour à tout casser - que de tes pensées – qui te poursuivent toute la journée. Objectivement, ce sont surtout elles qui te font souffrir, pas vrai ?Avec tout ça, tu as développé une maladie de la peau, on ne sait pas très bien, c’est soit auto-immune soit psychosomatique. Dans tous les cas, après ton esprit maso, c’est ton propre corps qui s’attaque à toi, pas ton harceleur on est d’accord là-dessus ? Non mais objectivement je veux dire.Le diagnostic est clair : tu es ton propre bourreau. Ici on dit aussi « hypocondriaque» ou encore «ashkénaze», crois-moi, c’est pas bien grave. Non mais blague à part, c’est une bonne nouvelle tu vas voir. On ne peut pas changer les autres, mais on peut travailler sur soi. Pas vrai ? Les stoïciens auxquels on la renvoie sans cesse enseignaient que pour ne pas se laisser atteindre par ce qui ne dépend pas de nous, il faut concentrer nos efforts sur ce qui est en notre pouvoir.C’est marrant, justement, j’ai également eu la chance de passer un moment privilégié ce weekend avec la reine des stoïciens, et accessoirement d’Angleterre, hashtags #TheCrown #saison3 #Netflix. Objectivement, plus de 65 ans de bon et loyal stoïcisme. Leroy, inspire-toi de la reine, tel est le conseil.La reine n’a pas le droit d’émettre le moindre avis. Mais elle peut user de ce qui est (à peine mais tout de même) en son pouvoir : le choix de ses habits. C’est ainsi que par le simple port d’un chapeau aux couleurs objectivement européennes, elle est passée de flegmatique à militante sympathique. Leroy n’a pas eu la loi pour elle ou pas assez en tout cas. Et elle a dû se résigner à se retirer des réseaux sociaux faute d’avoir assez de volonté pour ne pas regarder. Mais elle a finalement usé de ce qui était en son pouvoir : une plume incisive d’apparence très objective. C’est pourtant bien son histoire à elle qu’elle raconte dans le livre, sa subjective vérité. Mais en se limitant juste aux faits, en ne faisait jamais mention de ses sentiments personnels, le tout avec une pointe d’ironie à peine plus subtile que la couleur d’un sous-pull. Si elle n’a pas toujours su rester stoïque sur le moment même objectivement, Leroy a fini par user de son pouvoir comme une reine. Pas vrai ?Outre les faits eux-mêmes, il faut visiblement que plusieurs avis subjectifs convergent pour devenir objectifs. « Idéalement », plusieurs victimes, plusieurs témoins et … des témoignages. En voilà un qui devrait permettre si tout va bien que le vécu subjectif des prochaines victimes - des reines comme Leroy ou même des rois - soit d’emblée considéré un peu plus comme objectif. Quand cet objectif sera atteint, il sera toujours temps alors de parler sagesse et vérités de l’esprit, pas vrai ?
20 novembre 2019 5:33
"Faire un acte de Parrhèsia" - Une chronique de Sarah HalfinMesdames, messieurs, chers citoyens de la présente Assemblée, je me tiens en ce jour devant vous pour vous demander pourquoi. Pourquoi, n’est-ce qu’une seule fois au cours de notre destinée, n’avoir pas jugé bon d’informé notre interlocuteur, fût-il notre épicier nonchalant, notre directeur arrogant, un vaillant soupirant ou un quelconque passant, qu’en plein milieu du sourire qu’il vous adressait se tenait un reste de son dernier mets ?Par excès d’empathie, sans doute n’avons-nous pas voulu le gêner, voir même rétrospectivement gâcher sa journée, car nous avons pressenti que l’aliment embarrassant ne datait pas de la dernière pluie. C’est là une première vérité. Selon elle, on devrait presque nous dire merci d’avoir par courtoisie opté ce jour-là pour une touche d’hypocrisie. N’apprenons-nous pas en effet aux enfants à dire merci c’était très bon bonne maman ces bonbons végan à l’artichaud fait maison ? Sachez toutefois que chez les Grecs antiques il n’en aurait pas été ainsi. Premiers à avoir consentis à la démocratie, on leur doit aussi bien sûr la philosophie. En cela, il m’a semblé à propos de mentionner ici une mitzvah autrefois clé en leur cité, dénommée la Parrhèsia.Pas une facile du genre tu ne tueras point ton père et ta mère. Plutôt une du genre « cela tu feras quand bien même il te faudra sortir de ton petit confort bourgeois ». Faire un acte de Parrhèsia consiste à dire ce qu’on estime être vrai quel que soit le risque encouru. Dans l’exemple donné, par politesse, nous avons épargné le faciès d’un bien heureux, alors que le risque se limitait pourtant à lui faire perdre la face l’espace d’un instant. Allez imaginez si l’incident s’était situé 80 cm plus bas. En évoquant sa braguette ouverte, nous aurions de fait reconnu notre culpabilité d’avoir regardé en direction de cette zone pas vraiment immaculée et embarrassés nous aurions alors dû nous justifier pour éviter un #youtoo espèce de féministe porcine je vais te balancer. Même très risquée, lorsqu’elle vise à éduquer, la Parrhèsia était de mise dans la cité. Il est vrai qu’un bon roi savait apprécier dans le cercle de ses proches des gens sages doués de courage lorsqu’il s’agissait de lui exprimer l’une ou l’autre vérité. Pour autant, chère assemblée ici constituée, à choisir ne vaut-il pas mieux un manque de Parrhèsia à une application au premier degré de la mitzvah ? Je fais allusion par exemple au dirigeant qui se croit obligé de systématiquement balancer cash aux gens la vérité. Vous êtes encore bien conservée Madame Macron dites-moi, "in such good shape".Car il est fort à parier que ce faisant, un tel pratiquant oublie un point important : nulle vérité n’est absolue, il ne distribue toujours que ses propres vérités à lui dans les 266.055 mots tweetés depuis son élection pour en revenir à lui.Je m’explique. Nous sommes tous d’accord pour dire que la table du studio de radio judaica est solide n’est-ce pas ? Pour pourtant, je vous informe qu’elle est composée de 99,99 % de vide comme tout le reste de la matière et de l’humanité – nous avons donc affaire à 2 strictes vérités malgré leur apparente incompatibilité. Alors, si ça se trouve, quand avant-hier, mon tour arriva de rentrer chez moi et de constater que j’avais passé toute la journée avec l’œil gauche seulement maquillé, les dizaines de personnes rencontrées au cours de la journée m’avaient bel et bien adressé une vérité. Pas celle de leur cerveau civilisé et codifié (qui m’aurait dit d’aller me cacher), mais celle de leur cœur compatissant qui voit au-delà des apparences et qui sincèrement me dit : chère co-terrienne, quoiqu’on en dise, vous êtes parfaite ainsi.Vous en conviendrez chers jurés, selon ce degré de lecture, s’ils ne sont pas allés jusqu’à me dire mes 4 vérités, certains de mes interlocuteurs ont toutefois appliqué en partie ce jour-là la mitzvah de la Parrhèsia. Histoire de ne pas en sortir aigrie, c’est là en tous cas la vérité que j’ai choisi de défendre aujourd’hui dans ma plaidoirie.
12 novembre 2019 6:07
« PIERRES, PSYCHE, CRISTAUX » - Une chronique de Sarah HalfinLe mois passé, je me baladais dans le quartier de Belleville à Paris quand je vis une file de gens devant un magasin. Fille de commerçante moi-même, n’en déplaise à la bien-pensance anti-consommatrice ambiante, je souris à la vue d’une telle scène.Curieuse, je m’approchai. C’était un magasin de pierres et de cristaux. Classés en apparence par couleur, je comprendrai bientôt qu’à chaque couleur correspond en fait un chakra. Il semble donc que beaucoup de gens avaient à cœur en ce samedi ensoleillé d’aligner leurs chakras. Je me laissai porter par l’enthousiasme général et choisis à mon tour 7 petites pierres colorés. C’est là qu’un vendeur m’interpella avec un sourire narquois. « Madame, je doute que vos chakras ne soient désalignés à ce point-là vous savez, c’est beaucoup trop ». Un vendeur qui freine vos impulsions de consommation, rien que ça déjà c’est une manifestation surnaturelle.C’est bien gentil Monsieur, mais comment je fais pour choisir moi ? « Nous avons chère Madame, reprit-il, des spécialistes en lithothérapie bioénergétique capables d’identifier la pierre la plus adaptée aux besoins de chacun. Mais la liste d’attente est déjà complète pour aujourd’hui ». Dis donc, si ça se trouve, ils ont vraiment un don ici ...Quoiqu’il en soit mon karma m’invitait donc à ne compter que sur moi-même ce jour-là pour trouver ma solution clé en main, ma pierre personnalisée, dans cette caverne d’Ali bobo bondée, visiblement impénétrable même une fois à l’intérieur.Pour tenter tout de même de m’aider dans ma quête hasardeuse d’alignement, le gentil vendeur décrivit quelques pierres à ma demande. L’une d’elle, transparente, plus petite qu’une pièce d’un centime, serait le neck plus ultra de la créa – tivité. Ça, ça m’intéressa sauf que, je vous le fais court mais en gros, j’ai eu l’impression qu’il me décrivait les effets d’une pilule d’ecsta… attention… c’est très très fort, pour l’utiliser il faut être bien ancré…sinon… Bref, résultat : j’ai pris peur, je l’ai reposé - #ashké angoissée – et je n’étais toujours pas plus avancée.Le vendeur a dû voir à ce moment-là le désarroi dans mon regard, ainsi probablement que celui de mes amis qui m’attendaient dehors - pensant j’imagine que l’efficacité de la vitamine D transmise par les rayons UV était, elle au moins, avérée.C’est là qu’il s'exclama (attention, piqure de rappel et leçon universelle, accrochez-vous bien) : écoutez, oubliez tout ça, voici le béaba : choisissez la pierre qui vous plait … LE MOINS ! Celle que vous n’avez pas du tout envie de prendre en main, rien que l’idée vous dérange déjà. .... ?!Il m’expliqua que les pierres qui nous plaisent, celles que j’avais sélectionnées d’emblée, reflètent des qualités que l’on a déjà. Tandis que celles qui nous donnent une impression désagréable sont celles qui peuvent dénouer un blocage, autrement dit nous faire évoluer. D’instinct notre corps les repousse précisément parce qu’il n’est pas familier avec leurs vibrations, qui sont pourtant de mise.Moi qui pensais naïvement qu’en rentrant dans ce magasin de félicité on allait m’offrir une promesse de surplus de bien-être instantané, comme par magie une jolie chrysoprase en main et tout va bien. Mais visiblement même ici, au doux pays de la lithothérapie, pour agrandir sa zone de confort, il faut d’abord … sortir de sa zone de confort.C’est ainsi, pas de raccourci possible. Votre grand-mère vous l’avait bien dit. Einstein aussi : “La folie, c’est de faire toujours la même chose et de s’attendre à un résultat différent.” On le sait bien, mais que voulez-vous, comme son nom l’indique, c’est si confortable une zone de confort.De faire des activités dont on a la maîtrise. De fréquenter des gens qui nous donnent raison. « J’ai lu un article très intéressant » « c’est très vrai ça tiens, bien dit »… un peu que c’est vrai … que tu penses que c’est vrai… il sait comme personne mettre des mots sur tes convictions personnelles l’algo de facebook. Son pouvoir à lui n’est plus à prouver quand il s’agit de rentrer subtilement en résonance vibratoire avec toi et même ton surmoi. Mon fils, cet article est pour toi, « liker » tu feras // et il en résultera que Trump tu éliras.Ironie du sort, c’est la tourmaline dont je fis l’acquisition ce jour-là qui me rappelle depuis lors que le monde tend à fonctionner par défaut comme un placebo : à l’autosuggestion. Je la prends quelques minutes par jour en mains, selon les instructions. Elle me repousse encore un peu, mais je ne lui jette pas la pierre car j’ai pris conscience que c’était pour mon bien.
7 novembre 2019 5:13
« Envie de re-re-re-regarder Friends » – Chronique Sarah HalfinLa semaine passée, j’avais conclu en disant qu’en attendant que ne sorte une série qu’on aura envie de voir plusieurs fois, il serait peut-être temps de relire son livre préféré (n’est-ce pas Marc ?).Mais il y a quand même une série qui fait exception, impossible de l’ignorer cette semaine, tous les magazines en parlent. C’est la série « FRIENDS ». Elle a fêté ses 25 ans dimanche et demeurerait pourtant la 2ème série la plus regardée sur Netflix aux US en 2018*.(Alors) Chacun y va de son explication rationnelle pour justifier le succès de la série. Mais à part pour celui qui souffre d’amnésie, aucun argument objectif ne me paraît (vraiment) suffisant pour expliquer que l’on continue à regarder depuis 25 ans une série que l’on connaît par cœur. L’histoire, on la connaît, pas de suspens donc. L’univers, une version idéalisée de la vie, on a grandi depuis, merci on a bien compris que c’est pas ça la vie. Les punchlines et les gags, pas mal, mais (bon) à la longue on a compris aussi, ils portent toujours sur le principal trait de caractère des personnages, Ross (le prétentieux), Rachel (la vaniteuse), Monica (l’hyper tendue), Phoebe (l’excentrique)*…Alors, voici ma théorie personnelle : si on re-re-re-re-regarde FRIENDS, c’est avant tout par « motivation intrinsèque ».Je m’explique. Selon les experts, une grande partie de nos comportements sont motivés par des éléments objectifs extérieurs (comme obtenir un salaire, une prime, une promotion, un statut social, éviter une sanction … ou encore connaître la fin d’une série pour assouvir sa curiosité). On vaque donc à une activité dans le but d’obtenir une récompense, extérieure à cette activité. (vs me suivez ?)Mais il existe un autre type de motivation, qui elle, à contrario, provient du plaisir éprouvé du fait même de réaliser une certaine activité. C’est la motivation intrinsèque. Comme son nom l’indique, elle trouve sa source à l’intérieur de l’activité elle-même, non à l’extérieur. Et ce serait la plus saine, la plus solide et la plus durable des motivations selon les experts**. Et accessoirement, aussi celle qui rend le plus heureux.Exemples : - Un chercheur en mathématiques théoriques motivé par le fait même de chercher, de mener ses recherches – et non tant par la perspective de découvrir une éventuelle application pratique à ses recherches qui rimerait avec reconnaissance, notoriété ou bonus financier. - Un jeune musicien qui apprend la musique parce que c’est un pur plaisir en soi - et pas seulement pour devenir un grand musicien ou parce qu’il veut faire plaisir à ses parents.** - Nous, quand on vient le mardi dans l’émission de Brigitte, n’est-ce pas ?De fait, quand on regarde FRIENDS alors qu’on connaît la série par cœur au point de pouvoir reconnaître un épisode à la longueur des cheveux de Jennifer Aniston, on le fait par pure motivation intrinsèque. Ou pour le dire plus simplement, « juste par plaisir ». La plus saine, la plus solide et la plus durable des motivations disent-ils… Et pourtant, rares sont les décisions que l’on prend « juste par plaisir », « juste par envie ».« Bah. Evidemment », répond notre cerveau rationnel, « vous imaginez bien, ce serait complètement chaotique si « l’envie » dirigeait nos vies. « Allo Brigitte, oui c’est Sarah. Dis, on devait manger ensemble ce soir, mais j’ai plus envie. (Non) J’ai plutôt envie de rouler des pelles à mon voisin ». On se transformerait tooous, (mais alors) dans l’heure, en libertins anarchistes et grossiers. « Chaotique, tu dis ? Non. Organique », rétorque notre autre cerveau, l’intuitif. Faites-le test ! Demandez-lui, à lui, à ce qu’il pense - ou non plutôt ce qu’il ressent, nuance importante, parce que c’est ça son langage à lui, c’est comme ça qu’il nous parle ! Demandez à votre cerveau intuitif ce qu’il ressent (j’insiste) à l’idée d’un monde davantage mû par de la motivation intrinsèque … où l’on mangerait quand on en a envie (et non parce que c’est l’heure) … où l’on irait au travail par pur plaisir (et non seulement parce qu’il le faut) … où (je ne sais quoi moi) où l’on parlerait en chantant quand l’envie nous vient, etcEn tout cas, selon mes pronostics, dans un tel monde on serait très dépaysé mais pas entièrement. On y passerait en effet là aussi beaucoup de temps à regarder FRIENDS.* Article dans « The Economist »: https://www.economist.com/prospero/2019/09/20/why-friends-is-still-the-worlds-favourite-sitcom-25-years-on**Emission de radio « Grand bien vous fasse », France Inter, 08/01/2019https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-08-janvier-2019« Etre heureux au travail, c’est possible », SYLVIE AGHABACHIAN, les Echos, 22/06/2016https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/bien-etre-au-travail/021972938277-etre-heureux-au-travail-c-est-possible-211644.php
7 novembre 2019 5:57
La sapiosexualité - Une chronique de Sarah HalfinComme on se connaît un peu maintenant, j’ai pensé que le temps était venu de faire mon coming-out. Bon, le faire à la radio en direct sachant que mes auditeurs les plus fidèles sont mes parents, c’est sans doute un peu osé mais après tout c’est l’époque, on s’affirme, on dit tout, on montre tout, alors voilà : JE SUIS … SAPIOSEXUELLE.Je ne sais pas si vous vous connaissez ce mot apparu il y a peu ? Rassurez-vous, c’est plus cérébralque sexuel. Il désigne des personnes attirées avant tout par l’intelligence. En gros, pour séduire une sapiosexuelle, vous aurez plus de chance en entamant une discussion philosophique qu’en faisant l’éloge de son joli sourire blanc.Le terme est tendance à Paris. Figurez-vous, cet été, c’est Marlène Schiappa – la secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes en France – qui déclarait être sapiosexuelle. Pourtant, Marlène (vous qui êtes pour l’égalité homme-femme) vous savez ce que j’ai réalisé la semaine passée quand jusque-là ignorante de ma propre condition je me suis faite taxée de sapiosexuelle par un ami parisien ? J’ai réalisé qu’on a déjà connu plus inclusif comme terme.Vous en connaissez beaucoup vous des hommes sapiosexuels ? « Les gars, j’ai rencontré une meuf, elle peut réciter par cœur l’Odysée en mandarin tout en jouant le prélude de Bach au clavecin, j’ vous jure, je suis complètement sous le charme. »A votre avis, combien de mecs ont pensé « c’est une grosse connasse mais qu’est-ce qu’elle est brillante » ? Parce que force est de constater autour de moi que son pendant a par contre la cote chez certaines femmes « il est méga narcissique mais qu’est-ce qu’il est intelligent ! ».Du coup, je ne peux pas m’empêcher de me demander si cette histoire de sapiosexualité ne viendrait pas un peu du fait que notre cerveau pense inconsciemment qu’il a besoin d’être complété par celui d’un autre ? Hé… à mon adolescence les blagues sur les blondes étaient encore très tendance …En fait, Marlène, vous savez quoi, plus j’y pense, plus je me dis que ce n’est pas très intelligent ce truc qui consiste à s’enticher du cerveau visqueux d’un autre. Suffit de demander à celle qui a épousé le roi des cerveaux, le cerveau des cerveaux, n°1 au classement des meilleurs cerveaux de l’humanité depuis plus de 100 ans. J’ai nommé Mileva Einstein. Vous connaissez l’histoire ? (je parle de la petite histoire, celle sans majuscule)La voici. Elle-même surdouée, seule femme élève à l'Institut polytechnique à son époque, Mileva envisage en 1925 de révéler son apport aux recherches et aux découvertes de son ex-mari Albert. Ce dernier lui répond alors par écrit en ces termes gracieux : « Tu m’as fait vraiment rire quand tu as commencé à me menacer de tes mémoires. (…) Quand une personne est quelqu’un de complètement nsignifiant, il n’y a rien d’autre à dire à cette personne que de rester modeste et de se taire. C’est ce que je te conseille de faire »*. Mais quel charmant sapiens ce cerveau, non?  Et ce n’est pas leur fils Eduard qui souffrait de schizophrénie qui me contredirait à mon avis. Il n’a bénéficié que d’une seule visite de son père au cours de ses 35 ans d’enfermement en hôpital psychiatrique.Visiblement si l’habit ne fait pas le moine, le cerveau ne fait pas l’homme. Ce n’est peut-être pas pour rien que la plupart des grandes universités américaines offrent des cours d’empathie à leurs petits génies**.Le savoir, l’érudition, le sacro-saint rationnel, c’est bien gris comme matière au quotidien si c’est dépourvu d’intelligence émotionnelle. Typiquement genrée féminine, ce n’est quand même pas nous les sapiosexuelles féministes – n’est-ce pas Marlène - qui allons la dénigrer cette intelligence-là.Voyons, voyons. Juste quand elle commence à être estimée à sa juste valeur par l’establisment. Ah les émotions… on dit que le cœur a ses raisons que la raison ignore. Mais vu qu’ici c’est notre cerveau qui tombe amoureux à la place de notre cœur, on aurait pu s’attendre à plus de rationalité dans ses choix et on voit bien qu’il n’en est rien. Ironie du sort, la semaine dernière une étude d’Harvard concluait que - c’est pas une blague : « Trop réfléchir réduirait l’espérance de vie »***.Du coup, moi par prudence je vais m’arrêter là dans ma réflexion et vous quitter sur une proposition. Sapio vient du latin « sapiens » qui veut dire « intelligent », mais ça veut aussi dire « être sage ».Alors, quite à être des sapiosexuels, ne serait-il pas plus judicieux de privilégier comme premier critère de sélection la sagesse plutôt que l’intelligence ? Vous l’aurez compris, la sapiosexualité est ici une parabole pour nous rappeler (amen) que chacun est responsable de sa propre intelligence (on ne peut pas absorber les neurones d’un autre), mais qu’en revanche la lumière d’un sage à nos côtés peut éclairer sans même un mot bien des journées.* https://www.franceculture.fr/sciences/mileva-einstein-loubliee-de-la-relativite** Nom du cours à Stanford : « Interpersonal dynamics »** https://sosoir.lesoir.be/trop-reflechir-reduirait-notre-esperance-de-vie
31 octobre 2019 5:13
« Envie de re-re-re-regarder Friends » – Chronique Sarah Halfin La semaine passée, j’avais conclu en disant qu’en attendant que ne sorte une série qu’on aura envie de voir plusieurs fois, il serait peut-être temps de relire son livre préféré (n’est-ce pas Marc ?). Mais il y a quand même une série qui fait exception, impossible de l’ignorer cette semaine, tous les magazines en parlent. C’est la série « FRIENDS ». Elle a fêté ses 25 ans dimanche et demeurerait pourtant la 2ème série la plus regardée sur Netflix aux US en 2018*. (Alors) Chacun y va de son explication rationnelle pour justifier le succès de la série. Mais à part pour celui qui souffre d’amnésie, aucun argument objectif ne me paraît (vraiment) suffisant pour expliquer que l’on continue à regarder depuis 25 ans une série que l’on connaît par cœur. L’histoire, on la connaît, pas de suspens donc. L’univers, une version idéalisée de la vie, on a grandi depuis, merci on a bien compris que c’est pas ça la vie. Les punchlines et les gags, pas mal, mais (bon) à la longue on a compris aussi, ils portent toujours sur le principal trait de caractère des personnages, Ross (le prétentieux), Rachel (la vaniteuse), Monica (l’hyper tendue), Phoebe (l’excentrique)*… Alors, voici ma théorie personnelle : si on re-re-re-re-regarde FRIENDS, c’est avant tout par « motivation intrinsèque ». Je m’explique. Selon les experts, une grande partie de nos comportements sont motivés par des éléments objectifs extérieurs (comme obtenir un salaire, une prime, une promotion, un statut social, éviter une sanction … ou encore connaître la fin d’une série pour assouvir sa curiosité). On vaque donc à une activité dans le but d’obtenir une récompense, extérieure à cette activité. (vs me suivez ?) Mais il existe un autre type de motivation, qui elle, à contrario, provient du plaisir éprouvé du fait même de réaliser une certaine activité. C’est la motivation intrinsèque. Comme son nom l’indique, elle trouve sa source à l’intérieur de l’activité elle-même, non à l’extérieur. Et ce serait la plus saine, la plus solide et la plus durable des motivations selon les experts**. Et accessoirement, aussi celle qui rend le plus heureux. Exemples : - Un chercheur en mathématiques théoriques motivé par le fait même de chercher, de mener ses recherches – et non tant par la perspective de découvrir une éventuelle application pratique à ses recherches qui rimerait avec reconnaissance, notoriété ou bonus financier. - Un jeune musicien qui apprend la musique parce que c’est un pur plaisir en soi - et pas seulement pour devenir un grand musicien ou parce qu’il veut faire plaisir à ses parents.** - Nous, quand on vient le mardi dans l’émission de Brigitte, n’est-ce pas ? De fait, quand on regarde FRIENDS alors qu’on connaît la série par cœur au point de pouvoir reconnaître un épisode à la longueur des cheveux de Jennifer Aniston, on le fait par pure motivation intrinsèque. Ou pour le dire plus simplement, « juste par plaisir ». La plus saine, la plus solide et la plus durable des motivations disent-ils… Et pourtant, rares sont les décisions que l’on prend « juste par plaisir », « juste par envie ». « Bah. Evidemment », répond notre cerveau rationnel, « vous imaginez bien, ce serait complètement chaotique si « l’envie » dirigeait nos vies. « Allo Brigitte, oui c’est Sarah. Dis, on devait manger ensemble ce soir, mais j’ai plus envie. (Non) J’ai plutôt envie de rouler des pelles à mon voisin ». On se transformerait tooous, (mais alors) dans l’heure, en libertins anarchistes et grossiers. « Chaotique, tu dis ? Non. Organique », rétorque notre autre cerveau, l’intuitif. Faites-le test ! Demandez-lui, à lui, à ce qu’il pense - ou non plutôt ce qu’il ressent, nuance importante, parce que c’est ça son langage à lui, c’est comme ça qu’il nous parle ! Demandez à votre cerveau intuitif ce qu’il ressent (j’insiste) à l’idée d’un monde davantage mû par de la motivation intrinsèque … où l’on mangerait quand on en a envie (et non parce que c’est l’heure) … où l’on irait au travail par pur plaisir (et non seulement parce qu’il le faut) … où (je ne sais quoi moi) où l’on parlerait en chantant quand l’envie nous vient, etc En tout cas, selon mes pronostics, dans un tel monde on serait très dépaysé mais pas entièrement. On y passerait en effet là aussi beaucoup de temps à regarder FRIENDS. *  Article dans « The Economist »: https://www.economist.com/prospero/2019/09/20/why-friends-is-still-the-worlds-favourite-sitcom-25-years-on ** Emission de radio « Grand bien vous fasse », France Inter, 08/01/2019 https://www.franceinter.fr/emissions/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-08-janvier-2019 « Etre heureux au travail, c’est possible », SYLVIE AGHABACHIAN, les Echos, 22/06/2016 https://business.lesechos.fr/directions-ressources-humaines/ressources-humaines/bien-etre-au-travail/021972938277-etre-heureux-au-travail-c-est-possible-211644.php
30 octobre 2019 5:22
L’école du « Faut y aller ! » - Chronique Sarah HalfinEn cette période de rentrée, je voudrais vous parler d’une école un peu particulière. L’école du « Faut y aller ! ». Celle de Descartes et de … Doria Tillier.Honneur aux femmes. Doria Tillier, vous savez, c’est l’ex-Miss Météo du Grand Journal de Canal+, aujourd’hui devenue actrice et scénariste aux côtés de son compagnon Nicolas Bedos.Cet été, Doria est revenue dans le magazine ELLE sur ses années de prime time quotidien. « C’était merveilleux », dit-elle, « pour écrire mes textes j’avais une deadline tous les soirs. J’étais à l’école du « Faut y aller ! ». Et elle rajoute : je suis très perfectionniste, si je ne dois pas délivrer, je ne fais pas.»Prenons cela comme une fable. Le principe : (1) quelqu’un croit suffisamment en toi pour te donner chaque soir le micro de Canal+ (2) tu n’as pas suffisamment de temps pour que le censeur qui habite dans ta tête développe son argumentaire et t’explique par A + B que ce quelqu’un s’est trompé ou qu’il est tout simplement fou à lier.Tu sais (hein), je fais référence à cette petite voix dans ta tête qui s’adresse à toi toujours avec des arguments en béton armé, du genre mais « qui es-tu pour parler de Descartes ? T’as lu tous ses livres ? T’as un master en philo ? » La deadline dont parle Doria Tillier (dans son cas un prime time en direct tous les soirs), c’est l’élément clé qui empêche cette petite voix de trop s’exprimer et d’endiguer ton action. C’est un grand « Faut-y aller !» qui ne relève pas entièrement de ta décision personnelle. C’est comme la rentrée par exemple. Pour les enfants comme pour les grands, quand c’est la rentrée, (ben) c’est comme ça, faut y aller. La cloche a sonné, le troupeau se reforme synchrone, avec toi dedans, et avance dans la direction indiquée. Imagine en effet si la date de rentrée dépendait vraiment de ta décision personnelle. Tu rentres de vacances – quand – tu – veux. Petite voix dans ta tête : « Ben, facile, on reste 3 mois de plus en vacances! … Oui mais du coup, cette frotte-manche d’Emilie Hurty risque de faire notre job un peu trop bien en notre absence… Et puis, faut quand même faire nos preuves pour avoir cette promotion… En même temps, ça serait l’occasion d’écrire un roman… on en rêvé depuis toujours… ect ect ». Ça y est, maintenant que ce sujet est de ton ressort, te voilà en présence de ta pensée. Autrement dit, de ton pire ennemi selon Descartes ! « Oui, je vais vraiment citer Descartes ! » (Souffle). Pardon, je m’adresse à mon censeur. « Tais-toi maintenant ! »Je disais donc que pour Descartes, si tu te perds dans une forêt, surtout ne réfléchis pas, prends n’importe quelle direction et n’en change pas. Si tu réfléchis trop, tu pourrais changer de stratégie constamment et tourner en rond jusqu’à la fin de ta vie. C’est la même chose pour nos rêves et nos désirs inassouvis malgré les regrets pressentis en cas de non-réalisation et c’est pourquoi il est nécessaire de se mettre des « faut-y aller » robustes. Car à la différence de la rentrée, le premier pas pour les réaliser émane ici uniquement d’un choix personnel. Or, qui dit choix, on l’a compris, dit floppée de pensées et donc de doutes... Et ça ne va pas forcément en s’améliorant en y allant – l’autre jour, j’ai entendu à la radio Michel Sardou, 50 ans de métier, dire que malgré les apparences, il se sentait toujours très fragile au niveau professionnel. Il disait devoir tricher pour donner l’impression de maîtriser son métier. Ca promet. Une bonne nouvelle tout de même, c’est qu’aussi bizarre que cela paraisse, nos doutes seraient apparemment souvent une preuve de notre compétence et non le contraire. « L’ignorance engendre plus souvent la confiance en soi que la connaissance » pour reprendre l’expression d’un certain Darwin (que je cite malgré le sarcasme en ce moment-même de mon censeur personnel). Moralité ? Je doute, donc faut-y aller ? Pour ma part, je ne suis pas pour les injonctions et les « il faut ». (tout ça pour ça 😉). Je peux juste vous dire quand même qu’avant d’appeler Brigitte pour lui proposer mes chroniques, j’ai BEAUCOUP cogité, puis je ne sais pas trop ce qui s’est passé… j’y suis allée. Une première fois, puis chaque semaine, avec toujours autant de doutes que de plaisir. J’ai donc rejoint l’école du « Faut-y aller » : aujourd’hui je suis là (malgré un censeur en grande forme) et ce n’est pas juste parce que c’est la rentrée !
30 octobre 2019 4:44
« J’AURAIS VOULU ÊTRE UN ARTISTE ? » - Sarah HalfinEst-ce que vous aussi vous avez au fond de vous des parts encore enfants qui rêvent très grand ? Qui fredonnent de temps en temps qu’elles auraient voulu être un artiste, un chanteur, un acteur, pour pouvoir crier qui elles sont et pour pouvoir se trouver belles, sur un grand écran en couleurs, quand l’avion se pose sur la piste, à Rotterdam ou à Rio, comme dans la chanson de Starmania ?Vous aurez beau me dire que non, les selfies postés chaque seconde de part le monde trahissent visiblement de telles aspirations. (Voir nos manques d’aspirations, mais ça c’est un autre sujet.)Maintenant, question : quid si vous pouviez choisir entre votre vie actuelle ou une autre exactement pareille (enfants, maris, parents, tout pareil), mais avec un quotidien, jour après jour après jour, plus proche de ceci-ci :Vous vous levez le matin, seul(e), dans un lit qui n’est pas le vôtre. Les draps sont repassés mais la déco impersonnelle. Votre valise n’est même pas défaite, ce soir vous changez à nouveau de ville de province. Il est 6h du matin à peine, 3 personnes s’approprient déjà votre peau et vos cheveux. Comme chaque jour, elles y apposent des tonnes de substances ultra riches en perturbateurs endocriniens. Vous passez 80% de votre journée, dans des vêtements qui ne sont pas à les vôtres, à attendre, attendre, … dans une caravane réchauffée par un chauffage d’appoint. Ce weekend, vous ferez fi à nouveau du flight shaming, pour rentrer en métropole embrasser vos enfants et les entendre vous raconter à quel point Sophie la nounou est géniale.Alors est-ce toujours à regret que les paroles de Michel Berger résonnent dans votre tête ? Parce que tout ça, c’est le quotidien d’un acteur dans le meilleur des cas, càd quand il a réussi comme on dit, quand il s’appelle Guillaume Canet ou Marion Catillard au féminin. Alors, on échange toujours 99% de son quotidien actuel pour 1% de rêve d’enfants et d’effets hollywoodien ? Parce que le mot clé ici, c’est le quotidien. C’est lui qui remplit notre vie et pourtant notre inconscient qui rêve grand le prend souvent pour un détail. Bon, acteur par intermittence, par définition c’est possible. Mais en revanche, « maman » et « épouse », c’est un package qui correspond à 100% de quotidien, 100% du temps. Est-ce cela qui expliquerait dans le fond l’article* publié dans le Guardian la semaine passée, qui a fait grand bruit parce qu’il affirme que de récentes études indiquent que le sous-groupe le plus heureux de la population serait les femmes célibataires et sans enfant ? Je laisse quelques secondes pour digérer l’information à ceux qui la découvrent à l’instant…Moi qui fais partie des heureuses élues visiblement (célibataire et sans enfants tout le moins pour l’instant), je vous rassure j’en suis la première surprise. Avoir des enfants, se marier avec l’être aimée, on le sait bien, c’est pourtant le rêve par excellence des petites filles et de leurs parents pour celles-ci. Et sa réalisation, encore aujourd’hui un signe de réussite sociale. Bon je l’avoue, avec cette étude aussi, je suis un peu rassurée – en fait, surtout de pouvoir rassurer mes proches. Regardez, preuve à l’appui, tout va bien pour moi, merci ! Puisqu’on vous dit que ma vie est un apéro géant…Mais plus sérieusement ma plus grande surprise vient du fait qu’aucune de mes amies avec mari et enfants avec qui j’en ai discutées ne furent, quant à elles, véritablement surprises par la publication. Je vous assure pourtant leur mariage est heureux, leurs enfants magnifiques, elles les aiment plus que tout au monde. Parfois, elles sont quelques cernes mais toujours le sourire aux lèvres.SO WHAT THE F*** IS HAPPENING HERE ?Elles me font remarquer que dans les faits, le prince, tout charmant soit-il, partage leur quotidien (on y revient) une heure par jour en moyenne et que son humeur n’est pas tout le temps charmante sur cette mince tranche de quotidien. Et les enfants, tout rayon de soleil soient-ils, c’est 99% de son propre quotidien (tant mental que physique) dévoué aux siens et aux tâches du quotidien.Comme pour nos artistes à succès et nos princesses de conte de fée, à force de se focaliser sur le résultat, de se concentrer sur l’objet du désir, on en oublierait presque le chemin qui va avec... et qui prend donc dans cette chronique le nom de quotidien. Avoir du « Me Time » (du temps pour soi) au quotidien ne faisait pas partie de nos rêves d’enfants, mais visiblement c’est un rêve de grand !

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Joanna Marchi

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CAROLINE EMPIO

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Le média communautaire a soufflé ses 37 bougies au mois de mars. Ces dernières années, le fonctionnement de la radio juive a été bouleversé par de nombreux changements au sein du conseil d’administration et parmi les journalistes. Une équipe plus jeune est venue prendre les commandes.